Le téléphérique et autres nouvelles de Sylvain Tesson

Un recueil de nouvelles que j’ai failli abandonner à mi-parcours bien qu’il ne fasse qu’une centaine de pages. Ce qui aurait été dommage car les deux dernières nouvelles m’ont plu.

le-telepherique

Titre : Le téléphérique

Auteur : Sylvain Tesson

Editeur : Folio

Pages : 112

Genre : Roman contemporain, littérature française, nouvelle

L’histoire


Difficile de résumer ces 6 nouvelles fort courtes et très différentes les unes des autres. Aussi, pour une fois me contenterais-je de reprendre la 4ème de couverture.

« Au bar des hôtels, dans la moiteur des spas, jusque dans les cuisines des restaurants, on commentait le naufrage : ‘deux types… la télécabine… coincés’. Le vent avait forci, des gifles de grésil crépitaient contre les vitres. ‘Ce doit être l’enfer, là-haut.' » Passer Noël coincé dans une cabine téléphérique, un désastre à gâcher les festivités ? Pas si sûr…

Six nouvelles, une philosophie de vie : aux quatre coins du monde, des héros ordinaires lâchent prise face à l’adversité et se laissent porter par la vie et savourer l’instant présent.

Mon avis


J’ai trouvé les nouvelles très courtes et assez inégales, certaines m’ayant plu et d’autres non.

Le barrage

Le barrage, 1ere nouvelle du recueil, est très poétique avec de belles description sur la Chine.

Nous nous déplacions peu. Quand le parfum et l’aspect d’un village nous plaisaient, nous nous y installions deux ou trois jours. Les auberges étaient nombreuses et servaient une nourriture que le fleuve pourvoyait. La rumeur du Mékong nous devenait familière, notre ouïe incorporait jusqu’à l’oublier, l’énorme roulement des eaux.

Cette nouvelle m’a paru être un plaidoyer contre l’orgueil humain qui veut dompter les éléments pour démontrer sa toute puissance. Sylvain Tesson pose un regard acerbe sur le barrage des trois-gorges, le plus grand du monde, fournissant 10% de l’électricité chinoise et vitrine des capacités technologiques de la Chine.

Lui, le fleuve bleu, le dragon serpentin, aorte sacrée de l’Empire céleste allait se voir étranglé, jugulé, asservi par la volonté des ingénieurs, des hommes politiques et du peuple assoiffé d’énergie. […]Les dieux n’avaient pas prévu que le ruban nourricier de la plaine servirait un jour à faire tourner les turbines d’un barrage pour apaiser la voracité d’une nation obèse.

La lettre

La lettre, 5ème nouvelle du recueil, raconte la rencontre d’un jeune homme et du facteur à qui il demande de restituer une lettre jetée trop vite dans la boite et dont la lecture pourrait entraîner une rupture amoureuse. J’ai trouvé cette nouvelle bien tournée avec sa philosophie sur la place à laisser au hasard.

La plupart du temps, les gens ne recevaient que des factures mais parfois Maurice repérait une enveloppe manuscrite à l’écriture tremblée. Il avait appris à distinguer dans l’hésitation, l’application ou la désinvolture d’une graphie, un message d’amour d’une lettre de politesse ou d’un mot de rupture. Il savait bien que des cœurs s’étaient serrés à la simple vue d’une écriture attendue. Les facteurs sont les messagers du destins. Ils ne distribuent pas le courrier, ils battent les cartes de l’existence.

Le téléphérique

La nouvelle Le téléphérique clos le recueil sur une note amusante. Là aussi Sylvain Tesson joue sur l’absurdité de la situation.

A la veille de Noël, Greta a préparé un repas de fête pour toute la famille. Mais les heures passent et son mari et son beau-frère ne rentrent pas. Karl et Ernst, chargés de l’entretien du téléphérique sont coincés dans la cabine à 2700m d’altitude. Toute la station d’hiver est en émoi. Malgré le réveillon, on dépêche les trois meilleurs guides de montagne pour les délivrer.

Mais ceux-ci avaient-ils seulement envie d’être secourus ?

Ils allaient passer le Noël de leur rêve. Des années qu’ils en parlaient de ce réveillon à l’altitude des dieux, dans le hurlement de la tempête…Greta née en Allemagne, mesurait la réussite d’une soirée à la quantité de calories ingurgitées par les convives. Elle traitait les invités qui franchissaient son seuil comme s’ils ne s’étaient pas nourri depuis six jours et elle confondait les devoirs de l’hôte avec la fonction du Saint Bernard chargé de réanimer les victimes d’avalanche. Elle mettait sur se Plätzchen une épaisseur de crème proportionnelle à la tendresse dont elle débordait. Elle pensait que le massepain adoucissait la dureté du monde. Elle transférait dans les strudels ses réserves d’amour. Ernst et Karl n’en pouvaient plus.

La bataille + La ligne +  L’Ermite

Les deux nouvelles La bataille et La ligne m’ont fortement déplu par l’utilisation d’un vocabulaire vulgaire. Certes, Sylvain Tesson l’emploie à dessein, peut-être justement pour choquer le lecteur. Mais ce style ne me correspond pas.

Dans l’ermite, j’ai apprécié la philosophie de l’absurde tout en détestant le style.

Informations complémentaires


A propos de l’auteur

Sylvain Tesson est né en 1972. Aventurier et écrivain, président de la Guilde Européene du Raid, il est l’auteur de nombreux essais et récits de voyage. Son recueil de nouvelles Une vie à coucher dehors s’inspirant de ses pérégrinations, reportages  et documentaires, a reçu le Goncourt de la nouvelle 2009. Dans les Forets de Sibérie a été couronné par le prix Médicis essai 2011 et Berezina par le prix des Hussards 2015.

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2 réflexions sur “Le téléphérique et autres nouvelles de Sylvain Tesson

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