La petite boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan

Cette semaine j’ai relu ce joli petit roman de Jenny Colgan (enfin petit… il fait quand même 504 pages) pour me remettre l’histoire et les protagonistes en tête avant de lire le second volume Une saison à la petite boulangerie que je viens d’acheter.

Ce roman m’a apporté une bouffée d’air marin, m’a arraché une larme et procuré un bon moment de détente.

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Titre : La petite boulangerie du bout du monde

Auteur : Jenny Colgan

Editeur : Pocket

Pages : 504

Genre : Roman contemporain, littérature anglaise, romance

L’histoire


Pendant plusieurs années Polly, une jeune femme dynamique de 32 ans, a mené la vie parfaite, telle qu’elle la souhaitait : un gentil fiancé, une agence de communication graphique qu’ils ont monté ensemble et ou elle peut exercer ses talents artistiques, des soirées au resto avec ses amis, des virées shopping, un bel appartement chic dans Plymouth… Mais tout cela prend fin avec la faillite de son entreprise. Plus de travail, plus de fiancé, plus d’appartement, plus d’argent.

Et aujourd’hui, ils étaient là, dans le chaos de leur petite entreprise naufragée, avec les gentils Mr Gardner et Mr Bassi, et tous ces rêves de bonheur et ces projets qu’ils avaient, du temps ou ils croyaient que rien ne pouvait leur résister…Tous ces contrats qu’elle l’avait regardé signer devant une bouteille de champagne, l’inauguration de leur joli petit bureau, leur émerveillement devant l’encart publicitaire qui vantait leur boite dans les pages jaunes…Tout ça fini, envolé et tout le monde se fichait royalement du travail qu’il avaient accompli, de l’enthousiasme qui les animait et au diable tous ces clichés éculés sur la fatalité. C’était fini.

Voir cette entreprise qu’elle a créé, dans laquelle elle s’est investie corps et âme et qu’elle a tenté de sauver jusqu’au bout, faire faillite, l’a complètement vidé de toute son énergie et de toute sa joie de vivre.

A cours d’argent, elle n’a d’autre choix que de quitter Plymouth ou les loyers sont trop élevés. Elle ressent alors le besoin de se couper de son ancienne vie et décide de s’exiler sur la petite île de Mount Polbearne ou elle avait passé des vacances quelques années plus tôt.

D’étroites ruelles descendaient en pente douce et sinueuse jusqu’au petit port, à gauche. Les mats des bateaux de pêche tanguaient et cliquetaient sus le vent, , les vagues léchaient le vieux quai en pierre. Sur le front de mer, il y avait un fish and chisp, une boutique de souvenirs ou semblait régner un certain fouillis, une vieille auberge devant laquelle se trouvait encore un abreuvoir à chevaux et ce qui ressemblait à une écurie juste à côté. Le tout fermé de chez fermé. A l’autre extrémité du port, Polly aperçut un immense phare noir rayé de blanc, à la peinture écaillée. Apparemment à l’abandon.

-C’est un endroit plein d’avenir, lâcha Lance.

Kerensa regarda autour d’elle suspicieuse.

-Il ne semble pas pressé de venir ici l’avenir, dit-elle. Partout ailleurs, ça bouge..

-C’est mieux de pouvoir investir au ras des pâquerettes, répliqua Lance.

-Il doit pleuvoir sans arrêt depuis cinq ans ici, dit Kerensa. Vos pâquerettes, elles sont noyées depuis un bail.

Elle s’installe donc dans une masure délabrée qui fut jadis une boulangerie. Polly fait très rapidement la connaissance des habitant de cette petite bourgade isolée et se lie notamment d’amitié avec les marins pêcheurs du coin et avec un américain un peu original. Malgré les menaces de sa terrible propriétaire, Mme Manse, elle renoue avec sa passion : la confection de toutes sortes de pains originaux et délicieux.

Polly entretenait un rapport très particulier avec le pain. En fait, elle lui vouait un véritable culte. Et il en avait toujours été ainsi. Quand il était de bon ton d’en manger, comme l’inverse, enfant comme adulte. C’était d’ailleurs ce qui faisait sa joie au restaurant. Elle l’aimait grillé, aussi bien que nature. Elle l’aimait sous toutes ses formes, bagels, tartines gratinées au fromage, ou encore pain d’épices ou pain tressé à l’italienne. Elle aimait le pain au levain à l’ancienne, dont la moindre flûte valait six livres, et elle aimait le pain tranché qui s’imprégnait des sucs du bacon dans un bon sandwich.

Peu a peu, elle retrouve le moral, le goût des choses simples, la force d’entreprendre et l’envie d’aimer…

Alors qu’elle s’enfonçait dans la campagne, loin de la cote, elle réalisa qu’une éternité s’était écoulée depuis qu’elle avait marché pour le seul plaisir de marcher. Du temps ou elle était solvable, elle fréquentait les rues de Plymouth pour faire du shopping, elle se rendait aussi régulièrement dans sa salle de sport mais jamais elle ne sortait pour marcher tout simplement.

Mais ici, avec son déjeuner dans son sac à dos, son petit macareux bavard, marchant le long de ces petites  routes ombragées sans rien de particulier en tête, elle se sentit… Pas si mal, en vérité. Pas mal du tout, même. De nouveau, elle sourit à cette sensation présente au niveau des épaules, et cette fois réussit à la définir. Une sensation d’absence. D’absence de poids, de tension. Ils devraient prescrire la marche comme alternative aux massages.

Et sans s’en rendre compte, rien qu’avec sa fraîcheur, sa gentillesse et ses merveilleux pains, Polly va amener un vent de nouveauté et de changement sur l’île de Mount Polbearne…

Mon avis


J’ai bien aimé ce roman qui est léger, dépaysant, frais et positif.

Il est très agréable à lire. J’ai trouvé les descriptions du travail des marins et des paysages très imagées, voire  poétiques. On a envie de partir en balade sous le soleil au gré de ces petits chemins caillouteux ou de s’embarquer sur un bateau pour découvrir l’immensité de la mer.

Parfois, quand vous êtes au large et qu’il n’y a que vous au milieu de toute cette eau et rien d’autre, et que c’est le milieu de la nuit, avec toutes ces étoiles au dessus de votre tête, trop loin du phare pour en deviner même la lueur, vous vous sentez appartenir, comment dire, à quelque chose de tellement plus grand que vous.

Tout ce qui a trait au pain est présenté avec gourmandise et donne envie de manger des bagel, ciabata, fougasse, brioche…

Le roman fonde essentiellement le récit sur 2 axes : le triangle amoureux et l’évolution de Polly. Tout d’abord le triangle amoureux assez classique : Polly fait la connaissance de deux hommes très différents mais qui ont chacun leur charme. Préférera-t-elle le solide, fiable et souriant Tarnie ou le séduisant mais taciturne Huckle ?

J’ai trouvé toute la seconde partie du roman trop longue. A partir de la soirée sur la plage, la romance manque de naturel à mon goût : déclaration, séparation sur un malentendu, réconciliation tardive, nouvelle séparation puis scène finale des retrouvailles ou les amoureux se jettent dans les bras l’un de l’autre au milieu des vagues…Un peu cliché !

J’ai préféré la partie qui concernait l’évolution de Polly, sa remise en cause, sa quête du bonheur au quotidien. Cependant, l’héroine reste, à mon sens, trop gentille et trop lisse.

Enfin, les personnages secondaires, s’ils sont sympathiques (Kerensa l’exécutive women pleine de répartie ou Reuben le jeune milliardaire totalement geek et égocentrique), sont tout de même un peu trop stéréotypés et manquent de profondeur.

En conclusion : hormis quelques longueurs et quelques clichés, La petite boulangerie du bout du monde est un bon roman feel good, amusant, touchant et dépaysant à savourer au bord de la piscine ou au coin du feu.

 

Informations complémentaires


A propos de Jenny Colgan

Jenny Colgan est une auteure écossaise qui a beaucoup voyagé en Europe et aux USA avant de revenir s’installer dans son Ecosse natale.

Elle a d’ailleurs travaillé dans le domaine de la santé puis a été illustratrice de comics avant de se lancer dans l’écriture.

Elle a écrit de nombreuses comédies romantiques mais également de la science fiction (sous le nom de JT Colgan) et des livres pour enfants.

La suite de La Petite boulangerie du bout du monde

Retrouvez les aventures de Polly, Huckle et Neil dans :

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10 réflexions sur “La petite boulangerie du bout du monde de Jenny Colgan

    • De rien, c’est un plaisir de découvrir des livres sur d’autres blogs (dont le tien 😉 ) et à son tour d’en faire découvrir.
      La Petite boulangerie du bout du monde est effectivement un bon feel good. Attention, si tu le lis, tu risques de filer à ta boulangerie faire une razzia de beignets, croissants, brioches et autres petites choses délicieuses (sauf pour la ligne) 🙂

      J'aime

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