Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb

J’avais lu ce livre un peu rapidement il y a de nombreuses années et vu le film avec Sylvie Testud qui m’avait un peu déstabilisée. J’ai eu envie de le relire dans le cadre du PrinTemps de Lire et cette fois-ci il m’a plus intéressée par rapport à sa thématique.

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Titre : Stupeur et tremblements

Auteure : Amélie Nothomb

Editeur : Le livre de poche

Pages : 186

Année de parution : 1999

Genre : Contemporain, Littérature belge, Autobiographie

 

L’histoire (4eme de couverture)


Au début des années 1990, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l’implacable rigueur de l’autorité d’entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie sociale au pays du Soleil levant.
D’erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu’au rang de surveillante des toilettes, celui de l’humiliation dernière. Une course absurde vers l’abîme – image de la vie –, où l’humour percutant d’Amélie Nothomb fait mouche à chaque ligne.
Entre le rire et l’angoisse, cette satire des nouveaux despotismes aux échos kafkaïens a conquis un immense public et valu à l’auteur d’Hygiène de l’assassin le Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999.

 

Mon avis


Embauchée pour un an à un poste d’interprète au sein de Yumimoto, une grande entreprise japonaise d’import export, Amélie nous raconte sa terrible expérience professionnelle et sa descente aux enfers du management à la japonaise.

Dès le premier jour, ça démarre mal : assez étrangement on ne lui affecte pas de véritable fonction, elle n’a aucune instruction sur ce qu’elle doit faire. Elle se retrouve sans rien d’autre à faire que de lire la liste des employés et de servir le café. Malheureusement, elle commet une première erreur en montrant lors d’une réunion d’affaires, qu’elle parle parfaitement japonais (normal pour une interprète me direz-vous), ce qui lui attire les foudres du vice président de Yumimoto.

Pleine de bonne volonté, et avec sa logique toute occidentale, Amélie tente de se rendre utile en prenant des initiatives. Mais cela va à l’encontre du fonctionnement de l’entreprise japonaises. Dès lors, elle est dans le collimateur de ses supérieurs hiérarchiques et les brimades vont commencer : elle doit « désapprendre le japonais », photocopier une à une les mille pages du règlement de golf du son chef, se fait sans cesse crier dessus, on l’affecte à des taches sans aucun lien avec ses compétences et de moins en moins qualifiées.

Amélie, en admiration béate devant sa collègue, la séduisante Fubuki Mori, tente d’obtenir son soutien mais découvre qu’au contraire, celle-ci cherche à l’enfoncer, quitte à devenir son « bourreau ».

Face à ce harcèlement moral, Amélie qui ne veut pas démissionner, sombre dans une sorte de folie…

J’ai trouvé ce roman passionnant en ce qu’il dénonce le surmenage et le harcèlement moral qui touche les employés japonais. Bien que datant de 1999, ce roman est toujours d’actualité car de nombreux cas de suicide sont toujours recensés chaque année au Japon. Le « karôshi » (mort par surmenage au travail) menace la plupart des entreprises, à tel point que le gouvernement a lancé en 2015 une campagne pour changer les mentalités.

Amélie Nothomb nous décrit une structure de commandement de l’entreprise au Japon  qui passe par le dénigrement et la dévalorisation de l’employé. C’est presque un cercle vicieux : celui qui a été maltraité par son supérieur hiérarchique, va lui-même reproduire ce comportement sur ses subordonnés.

Par ailleurs, la charge de travail intense et le culte du présentéisme empêchent les salariés de trouver un exutoire dans leur vie personnelle. C’est pourquoi, ce roman Stupeur et tremblements se présente un peu comme un huis-clos. L’auteure n’évoque jamais sa vie en dehors de l’entreprise.

Amélie Nothomb dénonce également le problème des femmes au Japon, écrasées par les contraintes de la société : à la fois réussir sa vie professionnelle en assumant des dizaines d’heures supplémentaires tout en étant mariée avant 25 ans et avoir 2 ou 3 enfants. Être brillante et cultivée mais soumise. Être mince et jolie mais sans le mettre en avant…

Amélie, elle, réagit avec ses réflexes d’occidentale : elle répond, se défend. Or, cela est totalement contraire aux conventions japonaises qui imposent à l’employé de subir les réprimandes sans rétorquer mais au contraire montrer sa honte et son repentir.

Un roman à la tournure parfois un peu étrange et fantasque mais que j’ai trouvé vraiment intéressant sur le fond. Ce n’est pas mon préféré d’Amélie Nothomb mais j’ai apprécié cette lecture.

 

Informations complémentaires


Le film Stupeur et tremblements

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Le roman d’Amélie Nothomb Stupeur et tremblements a été adapté en 2003 par Alain Corneau.

Le personnage d’Amélie est campé par Sylvie Testud qui a obtenu le César de la Meilleure actrice en 2004 pour ce rôle.

Le film est extrêmement fidèle au roman, reprenant même en voix off des passages du livre.

Pour ma part, j’ai vu ce film il y a très longtemps et il ne m’avait pas particulièrement séduite. Après autant de temps, je ne saurais en dire les raisons. Peut-être faudrait-il que je le revois

 

Bibliographie d’Amelie Nothomb

Hygiène de l’assassin (1992) – Le Sabotage amoureux (1993, Prix Jacques Chardonne) – Les Combustibles (1994) – Les Catilinaires (1995) – Peplum (1996) – Attentat (1997) – Mercure (1998) – Stupeur et tremblements (1999, Grand prix du roman de l’Académie française) – Métaphysique des tubes (2000) – Cosmétique de l’ennemi (2001) – Robert des noms propres (2002) – Antechrista (2003) – Biographie de la faim (2004) – Acide sulfurique (2005) – Journal d’Hirondelle (2006) – Ni d’Eve ni d’Adam (2007, Prix de Flore) – Le fait du Prince (2008) – Le voyage d’hiver (2009) – Une forme de vie (2010) – Tuer le père (2011) – Barbe bleue (2012) – La nostalgie heureuse (2013) – Pétronille (2014) – Le crime du comte Neville (2015) – Riquet à la houppe (2016) – Frappe-toi le coeur (2017) – Les prénoms épicènes (2018)

 

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Lu dans le cadre du PrinTemps de Lire

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Lu dans la cadre du challenge 1 Livre = 1 Film

8 commentaires

  1. J’ai lu ce livre il y a pas mal de temps aussi. J’avais bien aimé découvrir les entreprises japonaises même si cela ne m’a pas donné envie d’y travailler ;p
    C’est très vrai ce que tu dis sur le huis-clos : je me souviens que j’avais l’impression qu’elle n’avait que le travail dans sa vie à cette époque. Il faudrait que je voie le film aussi.

    Aimé par 1 personne

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