Le goût du bonheur – Tome 1 Gabrielle de Marie Laberge

Énorme, énorme coup de cœur pour ce roman québecois qui nous transporte dans le Canada des années 30 dans le quotidien des Miller, une famille aisée. Une magnifique fresque familiale pleine d’amour, mais aussi une rétrospective sur la place de la femme dans la société patriarcale et puritaine de l’époque. Je remercie vivement le groupe Québec en Novembre dont les avis laudatifs m’ont donné envie de lire ce livre !

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Titre : Le goût du bonheur – Tome 1 Gabrielle

Auteure : Marie Laberge

Editeur : Pocket

Pages : 896

Parution : 2000

Genre : littérature canadienne, littérature québecoise, roman contemporain

 

L’histoire (4ème de couverture)


Une île non loin de Québec où les étés ont des allures de paradis. C’est là que les cinq enfants Miller, bientôt six, grandissent entourés d’amour, dans une maison aux portes ouvertes en grand. C’est que Gabrielle, leur mère, et Edward, leur père, n’hésitent pas à accueillir ceux dont la fortune, contrairement à la leur, n’a pas survécu au krach de 1929. Dans une société encore très puritaine dominée par une Église implacable pour les femmes, Gabrielle défend farouchement son clan et ce goût du bonheur qu’elle transmet à ses enfants aussi passionnés d’elle.

 

Mon avis


On fait connaissance de la famille Miller lors de leurs vacances sur l’île d’Orléans, non loin de leur maison de Québec. Le pays a été durement touché par le crack boursier de 1929 et, même si la famille a la chance de s’en sortir financièrement, les temps sont durs.

Gabrielle, contrairement à la majorité des femmes à cette époque, a eu le courage de se rebeller contre le mariage imposé par ses parents  et a épousé l’élu de son cœur. Avec Edward, elle forme un couple uni et amoureux et ils élèvent leurs cinq enfants dans des principes d’amour, de liberté, d’éducation, de tolérance et de compassion.

Des dissensions naissent toutefois des différences d’origine entre la famille de Gabrielle, québecois et fervent catholiques, et Edward, canadien anglophone né d’une mère irlandaise. Hormis Germaine, au fort tempérament mais au cœur d’or, la famille de Gabrielle (son frère Cyril un prêtre orgueilleux et suffisant et sa sœur Georgina aux principes stricts et au cœur sec), acceptent mal cette union.

La maison acceuille aussi Reine et Isabelle, les nièces de Gabrielle, Nic, le séducteur et grand ami d’Edward et Paulette, la militante féministe. Enfin, ils voient très souvent Florent, le fils mal-aimé de leur gouvernante, devenu le petit protégé de leur aimée Adélaïde mais à qui la vie ne fait pas de cadeau.

Marie Laberge nous fait vivre le quotidien de cette famille avec son lot de joies et de  peine, d’amours, de mariages et de séparations, de décès, d’amitiés et de disputes, de tracas et d’émerveillement…

Comme l’indique le titre du livre, l’histoire se cristallise autour de Gabrielle, femme  aux multiples facettes : douce et passionnée, pieuse et charitable, mais aussi révoltée et engagée… Mais l’auteure n’en délaisse pas pour autant les autres personnages dont le rôle est tout aussi important et qui sont magnifiquement dépeints.

La description du contexte socio-économique m’a particulièrement plu en arrière plan de ce roman. L’histoire s’ouvre après la crise financière de 1929 qui fait des ravages au Canada. Les faillites s’enchaînent, le chômage atteint des sommets et la misère s’installe dans tout le pays. Des famille complètes se retrouvent à la rue sans moyen de subsistance. Au fur et à mesure, on assiste également à la montée du nationalisme en Europe et à un antisémitisme généralisé, même au Canada.

Ce roman est également particulièrement intéressant au niveau des droits des femmes. On découvre une société totalement patriarcale et puritaine où les femmes n’ont aucun droit, sont généralement mariés par leur parents et sans amour, et dont le rôle est restreint au foyer. Elles ne disposent d’aucun moyen de se défendre contre les abus, la violence ou la spoliation de leur patrimoine par leur mari. Via les questionnements de Gabrielle, qui milite pour les droits des femmes, on découvre la lente évolution des mœurs , où chaque avancée est grappillée au prix de bien des souffrances.

Je conseille vivement ce roman à tous et toutes et j’ai maintenant hâte de découvrir la suite des aventures de la famille Miller !

 

Informations complémentaires


Quelques passages choisis sur la condition féminine

p67

 

p72

Biographie de Marie Laberge

Née au Québec, Marie Laberge est dramaturge, romancière, comédienne, scénariste et metteur en scène. Après des études en journalisme, elle se consacre aux activités théâtrales et entre au Conservatoire d’art dramatique. Elle joue dans différentes pièces de théâtre avant de faire de la mise en scène et d’enseigner l’art dramatique. Auteur d’une vingtaine de pièces et de plusieurs romans – dont Le Goût du bonheur, trilogie parue aux éditions Anne Carrière en 2003 et vendue à près d’un million d’exemplaires dans la francophonie –, Marie Laberge édifie depuis plus de vingt ans une oeuvre qui lui vaut une large audience tant au Québec qu’en Europe. En 2016, elle a publié Ceux qui restent, chez Stock, suivi, en 2017, du Poids des ombres chez le même éditeur.

Source : Pocket éditions

 

La saga Le goût du bonheur

La saga Le goût du bonheur de Marie Laberge comporte 3 tomes :

  1. Gabrielle
  2. Adélaïde
  3. Florent

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Livre lu dans le cadre du challenge 1 pavé par mois de Bianca

14 commentaires

  1. Ça fait longtemps que j’ai lu le premier tome, mais je n’ai toujours pas lu le second. Et ce n’est pas parce que je n’avais pas aimé, puisque mon avis ressemble à celui que tu fais ici. Si tu lis rapidement le second, tu me le diras, ça me bottera peut-être le cul!

    Aimé par 1 personne

    • Je ne sais pas si je le lirais tout de suite non plus, meme si ce livre m’a beaucoup plu. J’aime bien garder un peu les personnages en tête avant de découvrir la suite de leurs aventures. Mais je n’attendrai quand même pas trop longtemps : peut-être au printemps prochain 😉

      J'aime

    • Moi non plus je ne me serais pas arrêtée sur ce livre si on ne me l’avais pas conseillé 😉
      Mais c’est vraiment une belle découverte ! Le petit coté amusant est le fait que ce soit écrit en québécois, donc avec plein de petites expressions que l’on ne connaît pas. L’auteure a d’ailleurs ajouté un petit lexique à la fin mais je ne m’en suis pas beaucoup servi car on comprend quand même globalement le sens des mots dans leur contexte.

      J'aime

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