Frankenstein de Mary W. Shelley

Frankenstein est un classique que je voulais lire depuis longtemps. C’est un roman marquant et source de nombreuses réflexions. Au vu de l’ampleur du mouvement qu’il a fait naître, dans la littérature comme ensuite au cinéma, je ne suis pas la seule à avoir été fascinée par ce roman.

frankenstein

Titre : Frankenstein

Auteure : Mary W. Shelley

Editeur : Le livre de poche

Pages : 345

Parution : 1818

Genre : Littérature anglaise, Science fiction

 

L’histoire (4ème de couverture)


En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sœur des lettres où il évoque l’étrange spectacle dont il vient d’être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d’un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu’il n’est venu s’aventurer ici que pour rattraper quelqu’un – qui n’est autre que la créature monstrueuse qu’il créa naguère, et qui s’est montrée redoutablement criminelle.

 

Mon avis


J’ai eu le plaisir de lire ce roman dans le cadre d’une lecture commune avec Sue-Ricette du blog Graines de souris dont vous pouvez retrouver l’avis ici.

Comme d’autres grands classiques (par exemple Les Hauts de Hurlevent), Frankenstein n’est pas un roman que j’ai « aimé » au sens propre du terme. Il faut dire que les longues descriptions de paysages ne sont pas trop mon fort et j’ai trouvé le personnage de Victor Frankenstein est assez antipathique. Mais c’est un roman fort, qui m’a marquée et m’a fait réfléchir.

Je trouve impressionnant que Mary Shelley n’ait eu que 18 ans au moment de l’écriture de ce roman, tant les thèmes abordés sont profonds et travaillés.

Ce livre s’inscrit dans le mouvement gothique avec un côté sombre et destructeur. Toutefois, contrairement à ce que l’on voit souvent dans les adaptations cinématographiques, je trouve que le coté macabre de la création physique du monstre assez peu présent même si Mary Shelley évoque un décors lugubre, les cadavres, la putréfaction… Le côté sombre vient plutôt du machiavélisme de la créature dans la mise en œuvre de sa vengeance.

Typique du style gothique, Frankenstein est un être tourmenté. Si cela se manifeste en tout premier lieu au plan physique (il est de nombreuses fois extrêmement malade), au plan psychologique il va passer par plusieurs phases. Au départ, il fait un total déni, il se sauve et continue à vivre comme si rien ne s’était passé. Puis il est spectateur des événements. Quand il se décide enfin à agir, il commence d’abord par tenter de gagner du temps avant  de se confronter au monstre. Ce n’est qu’au stade ultime qu’il laisse éclater sa colère au point d’en frôler la folie. Je l’ai trouvé assez antipathique, indifférent aux autres, obnubilé uniquement par sa personne et ses travaux scientifiques. J’aurais tendance à lui associer la phrase de Rabelais « science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Mais ce n’est pas tant le coté fantastique et surnaturel de ce roman qui m’a marquée que les questionnements qu’il soulève. Il a une véritable portée philosophique toujours d’actualité aujourd’hui.

Tout d’abord, ce roman aborde le problème de l’éthique dans la science. Frankenstein, dans sa soif de connaissance et de maîtrise de la science de l’humain, en vient a franchir la limite en créant artificiellement un être humain. Avait-il vraiment conscience de ce qu’il créait, a-t-il agit par ambition, s’est-il cru omnipotent, pensant pouvoir maitriser la nature. Cette question se pose de manière de plus en plus récurrente aujourd’hui avec la bio éthique et l’intelligence artificielle : quelles sont les limites que la science doit se fixer ?

La 2nde question philosophique qui se pose concerne la nature de cet être. A sa « naissance » était il déjà mauvais ou est-ce le comportement des humains envers lui qui l’a rendu ainsi ? Sur ce point, le monstre de Frankenstein m’a fait penser à Heathcliff dans Les hauts de Hurlevent. Pour lui aussi, on se demande s’il avait déjà cette nature mauvaise, cette colère, cette violence en lui étant enfant ou si c’est la solitude et le rejet qu’il a subi de la part des autres qui l’a rendu ainsi.

Le 3ème thème que j’ai relevé concerne la solitude. La créature ne peut et ne veut vivre seule. Il a besoin de s’intégrer or, sa nature l’en empêche. Comme tout être, il a besoin d’interactions avec les autres, que ce soit de manière positive ou négative.

Enfin, on a le lien étrange qui lie la créature à Frankenstein, son créateur. Au départ, il serait prêt à l’aimer, à lui pardonner de l’avoir abandonné. Puis il passe à une haine farouche et destructrice. Quoi qu’il fasse, tous ses agissements sont liés à Frankenstein. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que, en passant à la postérité, le monstre a finalement pris le nom de son créateur puisque aujourd’hui tout le monde le nomme Frankenstein, oubliant que ce nom est en fait celui du scientifique Victor Frankenstein.

Bref, un roman complexe, profond et source de nombreuses réflexions.

 

Informations complémentaires


Adaptation au cinéma

frankensteinCe roman qui a créé un véritable mythe et a marqué l’imaginaire collectif a été adapté plus de 100 fois au cinéma et à la télévision (ces adaptations respectant plus ou moins l’œuvre originelle) !

La toute première est un film muet de 1910 qui ne dure que 16 minutes.

Parmi les plus connues on compte le film Frankenstein de James Whale en 1931 et la version de 1994, réalisée par Kenneth Branagh.

Retrouvez ma chronique complète sur cette adaptation au cinéma en cliquant ici : Frankenstein au cinéma

12 commentaires

  1. J’avais bien aimé ce roman aussi. Je n’ai vu aucun des films mais je me rappelle avoir été bien surprise par la tournure du roman. Je pensais à une « simple » fiction d’horreur mais comme tu le dis si bien, c’est bien plus que cela.

    Aimé par 1 personne

    • C’est vrai que les films retiennent souvent uniquement le coté fiction avec la création du monstre.
      Pour ma part, je n’ai vu que le Frankenstein de Kenneth Branagh et, bien que j’apprécie cet auteur et réalisateur, j’ai détesté ce qu’il a fait de cette histoire.

      J'aime

  2. Coucou Adely !
    Une chronique très bien écrite et qui décrit sur plusieurs plans bien détaillés le livre de Mary Shelley 🙂 J’ai adoré ce roman pour ma part, la force et la profondeur qui s’en dégagent ! Comme tu dis, l’histoire est source de réflexion pour le lecteur, et ce sur plusieurs points : la science, la nature humaine, le pouvoir, la tolérance… et d’autres encore !

    Passe une belle journée, et on se dit à janvier pour ma chronique sur Frankenstein ! Bisous ❤

    Sue-Ricette

    Aimé par 1 personne

    • Merci ! Je suis contente de l’avoir lu car, comme tu le dis, c’est un livre fort et profond. Et puis, c’est intéressant de connaître véritablement l’origine du mythe de Frankenstein. Mais je ne pense pas que c’est un livre que je relirai 😉
      Je te souhaite également une très belle journée.
      A bientôt

      Aimé par 1 personne

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