Poésies de Marceline Desbordes-Valmore

Ce mois-ci le défi littéraire de Madame lit portait sur la lecture d’un recueil de poésies. J’ai décidé de coupler ce challenge avec celui Voix d’autrices en me plongeant dans les œuvres d’une grande poétesse française, trop peu étudiée à mon avis : Marceline Desbordes-Valmore.

poesies-marceline-desbordes-valmore

Titre : Poésies

Auteure : Marguerite Desbordes-Valmore

Éditeur : Gallimard

Pages : 276

Genre : Littérature française, Poésie

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4ème de couverture


«Qu’est-ce que la poésie de Marceline Desbordes-Valmore, dans ces années de 1830 à 1850 qui voient aussi le triomphe – comme l’on dit – des grands écrivains, et des peintres, du romantisme ? Au premier abord, une langue et des catégories de pensée qui ne se distinguent plus guère de celles de tous les jours : le projet d’art, s’il en fut un, est bien renoncé, et le rythme qui mène ces longues strophes peut paraître ne remuer que la surface du monde, et ajouter au péché de banalité celui de l’éloquence facile. Du point de vue de l’être propre des femmes, de leur droit à un sentiment et une parole, celle qui parle ici semble, de surcroît, avoir bien trop consenti aux limitations et aux charges que la société leur impose. Et la religion qu’elle crie les jours où le malheur frappe, on dirait bien qu’elle est demeurée, sans changement appréciable, ce christianisme des femmes, surtout des mères, où il n’y a de permis que douleur et renoncement. – Mais au cœur même de ces poèmes qu’on trouve parfois négligés – ma plume court, dira volontiers Marceline – et qui manquent certainement de tout désir de composition, apparaît ce qu’on ne peut dire autrement que par l’idée de lumière. Comme si les mots retrouvaient une intensité, une qualité d’évidence qui seraient en puissance dans chaque chose, un vers puis un autre et un autre encore se détachent de la méditation ou du souvenir, illuminant comme d’une foudre l’horizon entier de la terre.»
Yves Bonnefoy.

Mon avis


Étrangement, c’est par le biais de la musique que j’ai découvert l’univers poétique de Marceline Desbordes-Valmore, grâce à la magnifique chanson de Julien Clerc Les séparés reprenant le texte du même nom de la poétesse.

Marceline Desbordes-Valmore est née en 1786 à Douai. A l’age de 15 ans, en raison de la ruine de son père, peintre en armoiries, elle doit s’exiler en Guadeloupe. Le voyage se passe mal : celui qui devait les accueillir a disparu, l’ile est en prise à des troubles politiques, sa mère meurt de la fièvre jaune et la jeune fille doit rentrer seule en France. Elle entame une carrière de comédienne et de cantatrice avant de se tourner vers l’écriture et plus particulièrement vers la poésie.

Sa vie personnelle est parsemée d’amours passionnée mais aussi de drames, ce qui lui valut le surnom de Notre Dame des pleurs. La famille de son 1er amour Henri de Latouche refuse son mariage à cause de son métier d’actrice. Le fils né de cette relation meurt à l’age de 5 ans. Elle épouse ensuite le comédien Prosper Lanchantin dit Valmore mais continue d’entretenir une liaison passionnée avec Henri de Latouche. Elle a 4 enfants dont un seul lui survivra.

Totalement autodidacte, Marceline Desbordes-Valmore a su s’imposer dans le milieu littéraire de son époque parmi les auteurs les plus talentueux. S’illustrant dans le mouvement romantique français, Marceline Desbordes-Valmore a reçu les éloges d’Honoré de Balzac, Victor Hugo, Sainte Beuve, Paule Verlaine ou encore Charles Baudelaire.

J’aime la poésie de Marceline Desborde-Valmore pour la simplicité, la sincérité et l’authenticité que je ressens au travers de ses mots. Puissance des sentiments, amour, maternité, famille, souvenirs, espoir, mélancolie, deuil, autant de thèmes qui me parlent et me touchent.

Voici l’un de ses poèmes les plus célèbres :

Les Roses de Saadi

J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées,
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

 

 

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Voix d’autrices
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Madame lit

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