Le roman des Goscinny, naissance d’un gaulois, une biographie en BD signée Catel

Au cours de cette semaine spécialement dédiée aux aventures d’Astérix le Gaulois, il fallait bien évidemment que je vous parle de René Goscinny. « Père » avec Uderzo de ces irréductibles gaulois, il nous a également contribué aux aventures de Lucky Luke avec Morris, d’Iznogoud avec Jean Tabary, et au Petit Nicolas de Sempé.

Un auteur prolifique très bien présentée par Catel au sein d’une bande dessinée biographique intitulé Le livre des Goscinny.

Le roman des Goscinny de Catel

Titre : Le roman des Goscinny – Naissance d’un Gaulois

Auteure : Catel

Editeur : Grasset

Pages : 344

Parution : 2019

Genre : Biographie, Roman graphique

 

Mon avis


Entrons directement dans le sujet : j’ai apprécie cette bande dessinée très intéressante sur Goscinny, auteur dont je lisais les albums depuis ma plus tendre enfance mais dont je ne connaissais ni le parcours ni la personnalité.

Je trouve originale cette mise en abîme : Goscinny père de tant de BD est lui même devenu un personnage de BD !

Cette biographie est un ouvrage de commande d’Anne Goscinny à Catel : c’est donc René  Goscinny vu par sa fille. L’avantage est que Catel a eu accès à beaucoup d’archives et à des  éléments peut-etre moins connus du grand public. Par contre, le point de vue est nécessairement plus subjectif car Anne Goscinny a voulu ici honorer la mémoire de son père.

D’ailleurs, elle a elle-même une place importante au sein de la BD qui est intitulée « le roman des Goscinny » et qui aborde donc plusieurs générations de Goscinny. Catel alterne les planches concernant la biographie de René Goscinny avec celles ou elle relate sa rencontre avec Anne Goscinny, leurs séances d’interview et la naissance de leur amitié. De cette rencontre entre Anne Goscinny et Catel est d’ailleurs née la BD Le monde de Lucrece, joli succès littéraire.

Pour la partie concernant René Goscinny, j’ai été un peu décontenancée que les premières pages soient à la 1ere personne, comme si c’était Goscinny qui se racontait lui-même. Par contre, j’ai trouvé particulièrement intéressants les carnets de croquis de Goscinny adolescent, les documents datant de la 2nde GM, son 1er journal illustré nommé « Quartier latin », ses CV, les nombreux dessins ou encore les textes fondateurs des aventures d’Astérix … Ce roman graphique est vraiment très bien documenté !

Bref, une biographie intéressante et agréable à lire !

 

Biographie de René Goscinny


Et en attendant que vous lisiez cette BD de Catel, je vous propose un petit résumé rapide de la biographie de René Goscinny

On découvre l’enfance de René Goscinny à Buenos Aires en Argentine ou son père est en poste en tant qu’ingénieur chimiste. Son père d’origine polonaise et sa mère d’origine russe sont tous deux émigrés à Paris et de confession juive. La famille voyage souvent entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Le jeune René parcours les régions de France et vit un temps à Paris avec le reste de la famille (grands parents, oncles et tantes).

Très tôt Goscinny a choisi le rôle de comique, tant a l’école qu’a la maison. Il est fan de cinéma et c’est le film Blanche neige de Walt Disney (ainsi que les albums illustrés des Pieds Nickelés) qui l’amène à s’intéresser au dessin . Excellent élève, il est féru de littérature.

Le-roman-des-Goscinny-illustration2

René Goscinny vit en Argentine lorsque la 2nde guerre éclate en Europe et il voit ses oncles, tantes, cousins, cousines arrêtés et déportés en tant que juifs. Ses 2 oncles et son cousin sont tués dans des camps de concentration. La famille est spoliée de ses entreprises d’imprimerie.

Son père étant décédé l’année de son bac, Goscinny doit chercher du travail pour subvenir aux besoins de sa famille mais il continue le dessin en tant qu’exutoire. En 1945 Goscinny s’installe a New York ou il exerce différents petits boulots : comptable, dessinateur dans la publicité, interprète dans l’import export… Il rentre en France en 1946 pour le service militaire mais il retrouve un pays ravagé par la guerre ! A son retour aux USA, il affronte 2 ans de chômage avant d’intégrer la bande de dessinateurs du magazine MAD ou il apprend le métier. Il rencontre Jijé et Morris avec qui il devient très ami. En 1950, Goscinny prend contact avec les éditions Dupuis et fait son retour en Europe et plus précisément en Belgique.

A ce moment là une loi sur la censure vient d’être votée en France et influe sur la BD belge :  « les BD ne doivent pas présenter favorablement le banditisme, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous les actes qualifiés de crimes ou délits ou de nature à démoraliser l’enfance.  » Il faudra donc des héros « biens sous tous rapports » !

Au bout d’un, International Presse publie sa 1ere BD : « Dick Dick’s, les aventures d’un détective privé ». René Goscinny commence à travailler avec Uderzo.  Leur duo est très complémentaire : Uderzo préfère dessiner alors que Goscinny préfère écrire. Tous deux travaillent d’arrache-pied sur différents petits projets jusqu’à la création du héros Oumpah-Pah.

World presse décidé de briguer le marché américain mais le retour aux USA de Goscinny est un terrible échec. Toujours célibataire, il vit chez sa mère Anne et se tue au travail. Les délais et la charge de travail imposés par la World presse sont insoutenables et Goscinny est surmené.

En 1954, Morris lui propose d’entreprendre un scénario de son héros Lucky Luke. Cela convient parfaitement à Goscinny qui adore le western et connaît bien les USA. C’est le début d’une grande aventure !

Goscinny décide de lance sa propre BD « le capitaine Bibobu » dans le journal Risque-tout mais celui-ci disparaît au bout de 22 planches. Il rencontre ensuite Sempé qui lui propose d’écrire des histoires pour ses dessins humoristiques d’un personnage enfantin : le Petit Nicolas. C’est un succès en Belgique !

Malheureusement, René Goscinny est viré de World press car il a participé au syndicat des auteurs en 1955. Seuls Uderzo et Charlier le soutiennent. Pendant 2 ans, ils sont blacklistés par tous les éditeurs et doivent trouver des petits boulots pour survivre. Avec un de leurs amis, ils créent leur propre agence de presse. En même temps, René rédige des scénarios pour différents dessinateurs du journal Tintin de Hergé, puis il reprend ses anciens projets (la BD Oumpah-Pah avec Uderzo, Lucky Luke avec Morris et Le petit Nicolas avec Sempe qui devient un récit illustré).

Le-roman-des-Goscinny-illustration1

En 1958, René Goscinny lance la revue Pilote. En cherchant un nouveau sujet de BD avec Uderzo, les deux amis tombent d’accord sur les Gaulois. « Nous nous sommes amusés comme des fous en élaborant notre projet et notre Astérix est né dans la joie et le rire, ce qui était de bonne augure… » Ils imaginent un duo comique aux antipodes des héros traditionnels, avec pour référence Laurence et Hardy.

En 1965, au cours d’une croisière, René Goscinny tombe éperdument amoureux de Gilberte, de 17 ans sa cadette. Il se marient très vite et ont leur 1er enfant, Anne. Le couple est fusionnel et il mène une vie de famille heureuse.

Au sommet de sa gloire, Goscinny meurt d’une crise cardiaque à 51 ans alors qu’il était en train de faire un test d’efforts chez le médecin. Anne, qui n’avait que 9 ans, en sera traumatisée !

René Goscinny, auteur prolifique, meilleur scénariste que dessinateur, était fait pour travailler en duo ! Ses partenariats avec Morris, Uderzo, Tabary et Sempé ont marqué l’univers de la BD et nous ont offert des personnages cultes !

 

Un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s