De pierre et d’os de Bérengère Cournut

De pierre et d’os de Bérengère Cournut est le roman de la rentrée littéraire 2019 que j’avais le plus envie de découvrir. De blog en critique de presse, je n’ai vu que des articles élogieux sur ce livre. Je n’ai donc pas résisté longtemps à l’envie de me plonger dans ce roman que j’ai lu en une soirée !

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Titre : De pierre et d’os

Auteure : Bérengère Cournut

Editeur : Le Tripode

Pages : 219

Parution : 2019

Genre : Littérature française, Contemporain

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L’histoire


« Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman)

Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.

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Mon avis


C’est un voyage étrange dans lequel nous entraîne Bérengère Cournut. Un voyage aux confins du monde, là où le ciel et la terre se rejoignent en une étendue immense d’un blanc immaculé, là ou la nuit peut durer plusieurs jours et le jour plusieurs nuits.

Une nuit, alors que la banquise se fend, une toute jeune fille, Uqsuralik, se trouve séparée de sa famille. Son père n’a que le temps de lui lancer une amulette, une couverture et un harpon qui malheureusement se brise. Seule au milieu de l’immensité glacée, elle doit se débrouiller pour survivre.

Heureusement, grâce à son père, Uqsuralik avait appris des gestes d’habitude réservés aux garçons : elle savait donc chasser, construire un igloo. Mais au milieu de la banquise, rien n’est simple, rien n’est acquis… Ainsi, les chiens de traîneaux de son père qui s’étaient retrouvés piégés avec elle peuvent être une aide mais aussi se révéler être une menace.

« Chasser avec eux, apprendre d’eux, ou bien mourir par eux – il n’y a pas d’autre choix possible. « 

Il en va de même pour les humains. Lorsqu’elle rencontre une famille de chasseurs nomade Uqsuralik va découvrir les joies et les difficultés de la vie en communauté ainsi que la cruauté de certains hommes. Car le vieux chasseur de la tribu est un homme mauvais et dangereux, qui va faire payer à Uqsuralik la jalousie qu’il éprouve pour son père…

Tout au long de ce roman d’apprentissage, Bérengère Cournut nous relate la dure vie de femme inuit. Une vie à mille lieux des préoccupations matérielles de nos sociétés consuméristes. Une vie rythmée par la nature, en harmonie avec les éléments. Les Inuits ont un total respect de la nature et des animaux qu’ils ne chassent que par nécessité et qu’ils remercient de s’être laissés tuer. Si leur vie est tournée sur la recherche de nourriture et l’organisation du campement, c’est pour survivre aux rudes conditions de vie. Ainsi les animaux tués sont utilisés dans leur totalité : la moindre partie à une fonction (alimentaire, pour se chauffer, s’éclairer, se vêtir, conserver les aliments, fabriquer des objets ou des armes ).

On découvre aussi un peuple aux croyances profondes : divinités de la nature, esprits farceurs ou maléfiques , rites à respecter, amulettes porte bonheur, réincarnation. L’initiation d’Uqsuralik aux rites chamaniques est l’occasion de pénétrer les légendes ancestrales de ce peuple. Certains passages m’ont toutefois semblé très mystiques, comme les dialogues d’Uqsuralik avec le Géant de la terre ou sa rencontre avec l’Homme Lumière

J’ai trouvé l’écriture de Bérengère Cournut douce et poétique. Des chants entrecoupent le récit et permettent d’accéder aux non-dits, aux joies et aux peurs des personnages. Au fil du roman, j’ai oscillé entre révolte, émotion, émerveillement… Un livre qui m’a bouleversée, magnifique et dépaysant ! Je vous le conseille !

11 commentaires

  1. Coucou !
    Je l’ai lu au début du mois de septembre si je me souviens bien et c’est vrai qu’il était extraordinaire ! Le côté magique et ésotérique avec l’ambiance froide du Nord m’a vraiment beaucoup plu. Contente que tu aies aimé aussi !

    Belle journée à toi ! 🙂 ❤

    Aimé par 1 personne

    • Désolée pour mes réponses tardives mais tous tes commentaires étaient passés en spam ! Je vais vérifier régulièrement pour éviter de passer à côté 😉
      Oui, ce roman permet vraiment de découvrir cette population dont la culture et le mode de vie est assez méconnu. Bérengère Cournut s’est livré à un gros travail de recherche pour l’écriture de ce livre et cela le rend passionnant. Elle précise toutefois dans la postface que la vie des Inuits a pas mal changé ces dernières années. Et je suppose qu’avec le changement climatique, elle va malheureusement être pas mal affectée !

      Aimé par 1 personne

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