Cent millions d’années et un jour de Jean-Baptiste Andrea

Voilà une couverture de livre que j’avais vue passer de nombreuses fois sur la blogosphère sans faire particulièrement attention aux avis concernant le roman. Mais lorsque je suis tombée dessus au rayon nouveauté de ma médiathèque juste avant avant le confinement, j’ai vraiment eu envie de découvrir cette histoire. Et c’est un coup de cœur !

Cent millions d'années et un jour de Jean-Baptiste Andrea

Titre : Cent millions d’années et un jour

Auteur : Jean-Baptiste Andrea

Editeur : L’iconoclaste

Pages : 320

Parution : 2019

Genre : Littérature française, Contemporain, Nature-writing

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L’histoire (4ème de couverture)


1954. C’est dans un village perdu entre la France et l’Italie que Stan, paléontologue en fin de carrière, convoque Umberto et Peter, deux autres scientifiques. Car Stan a un projet. Ou plutôt un rêve. De ceux, obsédants, qu’on ne peut ignorer. Il prend la forme, improbable, d’un squelette. Apato- saure ? Brontosaure ? Il ne sait pas vraiment. Mais le monstre dort forcément quelque part là-haut, dans la glace. S’il le découvre, ce sera enfin la gloire, il en est convaincu. Alors l’ascension commence. Mais le froid, l’altitude, la solitude, se resserrent comme un étau. Et entraînent l’équipée là où nul n’aurait pensé aller.

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Mon avis sur Cent millions d’années et un jour


A quoi tient une découverte ? Une intuition ? Une piste ténue ? Quelques indices disséminés dans les récits fantasmés d’un vieux concierge parisien ?

Ce livre raconte la poursuite d’un rêve. Un rêve de dinosaure fait par Stanislas, un petit garçon de 6 ans lorsqu’il découvre son premier fossile… 50 ans plus tard, dans les années 1950, le rêve de ce petit garçon devenu paléontologue est intact. Et lorsqu’au détour de son immeuble il entend la légende du dragon rencontré par un concierge, il décide de tenter le tout pour le tout, certain que ce dragon est en fait un brontosaure.

Le scientifique monte alors une expédition dans les Alpes, en haute montagne entre la France et l’Italie. La montée sera rude et les conditions de vie sur le campement dangereuses. Ils ne sont que 4 : Stan, Umberto son collègue italien, le colosse bon vivant et toujours d’humeur égale, Gio, le guide de haute montagne un taiseux impassible qui connaît le glacier comme sa poche, Peter le stagiaire allemand. Puis Youri s’invite comme 5ème membre de l’expédition. Youri la marionnette de Peter qui leur offre des spectacles et apporte de la joie sur le campement. Youri qui peut aussi se montrer cynique et mettre le doigt sur les failles de chacun…

« Dommage que je sois si pudique mes amis. Dommage que je sois pudique ou je vous dirais ceci.
Je suis parfois maladroit. Blessant, bourru, bête même. Réservé, froid, méfiant. Empoté et désespérant. Mais je ne suis pas un mauvais bougre. J’ai la gentillesse ébouriffée des abeilles, je pique parfois sans m’en rendre compte la main qui m’approche, parce que je crois par habitude qu’elle va m’écraser. J’aimerais que vous le sachiez. »

Dans Cent millions d’années et un jour, Jean-Baptiste Andrea nous fait le récit de l’ascension du glacier et de la vie sur le campement, émaillant cela des souvenirs d’enfance de Stan. Car le fastidieux travail de recherche dans les glaciers prend des semaines et chacun y est face à lui-même. C’est le temps de l’introspection.

On découvre alors l’enfance de Stan à la campagne, une vie rude auprès d’un père qui refuse à son fils tout autre rêve que celui de reprendre son exploitation agricole. Stan ne trouve de soutien qu’auprès de sa mère, une femme douce et rêveuse qui n’a pas la force d’affronter un mari tyrannique et brutal.

Au fil des jours, la recherche du « dragon » devient une course contre la montre car l’expédition ne pourra rester sur le glacier au-delà de l’automne. Là, « l’automne est une bête de chair et de griffe. Quant à l’hiver… »

Si, au départ, je me suis demandée comment l’intrigue pouvait tenir 300 pages, je me suis finalement rendue compte que les pages de ce roman se tournent très vite. Je me suis trouvée happée par le récit, prise moi aussi par le froid glacial et la neige, me demandant si un squelette de brontosaure était véritablement englouti dans les glaciers et si l’équipe en trouverait la trace.

L’écriture est belle. Le rythme parfois alangui nous fait perdre la notion du temps et nous emprisonne dans le texte.

« Marcher sans penser.
Nous avons laissé la couleur derrière nous. Tout est gris, même le vert des lichens. Le chemin, bordé de pentes ruisselantes de cailloux, remonte le fond d’un immense sillon. Si la montagne voulait nous entraîner dans un piège, elle ne s’y prendrait pas autrement .
Ou alors, penser à autre chose qu’à la fatigue.
La roche chante, tinte à chaque pas comme du cristal. Parfois elle se défile, une fuite liquide imprévisible au pied et c’est le genou à terre, la main ouverte par une arête tranchante. »

S’apparentant à du nature writing, Jean-Baptiste Andrea donne à la montagne une force telle qu’elle en devient un personnage à part entière du roman. Les descriptions du paysage sont pleines de poésie et m’ont transportée sur les cimes glacées.

« Il n’y avait rien à voir de toute façon, rien d’autre que les sommets gris qui empierraient sur l’horizon. Puis les nuages se sont déchirés, sans crier gare ils ont battu en retraite sur un grand ciel lavé. La lune était pleine mais la vraie beauté n’était pas là-bas, galactique et lointaine. Elle était devant moi, sur les ubacs et les adrets. Le cirque entier s’était paré de centaines et de centaines de rubans d’argent jetés sur ses crêtes, disposés sur des pentes, une fête de village à l’échelle d’un paysage. »

Un très beau livre que je vous conseille. Quant à moi, j’ai bien envie de découvrir le 1er roman de Jean-Baptiste Andréa intitulé Ma reine.

PS : pour ceux qui se poseraient la question, sur la photo, à coté du livre de Jean baptiste Andréa, c’est un moulage en plâtre de dent d’animal préhistorique (j’ai oublié lequel) réalisé par Maelly lors de la visite d’un musée de paléontologie 😉

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