Jonas ou l’artiste au travail d’Albert Camus

Dans mes résolutions littéraires pour 2021, j’avais émis l’idée de lire chaque mois un livre d’un auteur récompensé par un prix Nobel de littérature. J’ai donc commencé en janvier avec deux nouvelles d’Albert Camus : Jonas ou l’artiste au travail suivi de La pierre qui pousse.

Jonas ou l'artiste au travail suivi de La pierre qui pousse d'Albert Camus
  • Titre : Jonas ou l’artiste au travail suivi de La pierre qui pousse.
  • Auteur : Albert Camus
  • Editeur : Folio
  • Pages : 128
  • Date de parution : 1957
  • Genre : Littérature française, Classique, Nouvelles

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L’histoire


Quoi qu’il puisse arriver, Jonas, peintre au talent reconnu, croit en sa bonne étoile – jamais elle ne cessera de l’aider et de le guider. Pourtant la vie, ses proches, ses amis, ses disciples l’acculent peut à peu à la stérilité artistique…
Un ingénieur français, en mission au Brésil, est confronté aux superstitions et au mysticisme des indigènes. Mais l’amitié qu’il éprouve pour l’un d’entre eux aura raison de son scepticisme.

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Mon avis sur ces nouvelles d’Albert Camus


Jonas ou l’artiste au travail

Jonas est un jeune artiste peintre installé à Paris. Il semble toujours prompt à s’émerveiller de tout. Il se laisse porter et croit en sa bonne étoile qui apporte le succès ainsi qu’une vie personnelle stable et heureuse. Ainsi, il laisse la gestion pratique des choses à son épouse Louise et lui s’adonne à son art. La vie est douce et agréable même s’ils vivent dans un petit appartement.

Mais Jonas accède peu à peu au succès et commence à faire face aux sollicitations. Pris entre sa vie de famille et ses obligations mondaines avec des « amis » qui s’invitent chez lui à toute heure, Jonas a de plus en plus de difficultés à se concentrer sur son travail. Il en perd le plaisir de peindre.

Camus fait preuve de beaucoup d’ironie dans ce texte par exemple quand il parle des propriétaires qui entassent les locataires dans les immeubles parisiens ou quand il décrit l’hypocrisie de ceux qui gravitent dans l’entourage des artistes et célébrités. Dans cette citation page 30, il relève le comportement des « élèves » de l’artiste :

« Aux amis se joignaient parfois les disciples : Jonas maintenant faisait école. Il en avait d’abord été surpris, ne voyant pas ce que l’on pouvait apprendre de lui qui avait tout à découvrir. L’artiste en lui marchait dans les ténèbres ; comment aurait il enseigné les vrais chemins ? Mais il comprit assez vite qu’un disciple n’était pas forcément quelqu’un qui aspire à apprendre quelque chose. Plus souvent au contraire, on se faisait disciple pour le plaisir désintéressé d’enseigner son maître. Des lors il put accepter, avec humilité, ce surcroît d’honneur. Les disciples de Jonas lui expliquaient longuement ce qu’il avait peint et pourquoi. Jonas découvrait ainsi dans son œuvre beaucoup d’intentions qui le surprenaient un peu, et une foule de choses qu’il n’y avait pas mises. « 

J’ai trouvé très intéressant de voir la progression du personnage au fur et à mesure de sa notoriété puis de son déclin. Cette nouvelle pose des questions sur la création artistique : celle-ci peut elle aller de pair avec l’obligation et le rendement ? L’artiste doit il être seul pour exprimer pleinement sa créativité ou le talent peut il survivre à la vie en société ? C’est ce que relève Camus dans cette phrase « Il était difficile de peindre le monde et les hommes et, en même temps de vivre avec eux. »

La pierre qui pousse

J’ai eu plus de mal à entrer dans cette nouvelle qui fait la part belle aux descriptions de voyage. Des paysages aux rites locaux, le personnage principal, un européen à l’esprit rationnel, s’étonne des traditions mystiques qui sont célébrées lors de son passage. Pourtant, l’empathie et l’amitié va permettre de rapprocher les Hommes et d’aller au delà des différences pour essayer de se comprendre et de s’aider. Une belle fin !

En conclusion

Une jolie découverte de Camus qui me donne envie de lire d’autres textes de cet auteur qui a obtenu un prix Nobel de littérature. Prochaine lecture prévue de Camus : La peste.

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Informations complémentaires


Bibliographie d’Albert Camus

Quelques unes des œuvres d’Albert Camus : L’Etranger, La Peste, Jonas ou l’artiste au travail suivi de La pierre qui pousse, L’été , Le Mythe de Sisyphe, Caligula, Le malentendu, L’Homme révolté, le premier homme, L’envers et l’endroit, Les justes

2 commentaires

  1. J’avais commencé La peste pendant le premier confinement et je l’ai laissé tomber (un peu trop anxiogène en cette période). Je vais regarder si je trouve celui-ci car tu me donnes très envie de le lire !

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour Gaëtane
      J’avais, comme toi, envisagé de lire la peste au 1er confinement mais au final j’avais préféré me tourner vers des romans plus léger et plus feel-good. J’espère qu’il passera mieux maintenant !
      J’espère que tu apprécieras ces deux nouvelles de Camus.

      J'aime

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