Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa

Cela faisait un long moment que j’avais envie de lire ce livre dont j’entendais tant de bien. La 4ème édition de la thématique « Un mois au Japon » proposée par @Lou_Myloubook et @Hildelle était l’occasion parfaite de sortir enfin ce roman de Durian Sukegawa de mes étagères ! J’y ai découvert le dorayaki, petit en-cas japonais sucré dont j’ai même testé la recette. Si mes doroyakis n’ont pas rencontré un grand succès, j’ai par contre adoré le roman !

Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa
  • Titre : Les délices de Tokyo
  • Auteur : Durian Sukegawa
  • Editeur : Le livre de poche
  • Pages : 221
  • Date de parution : 2013
  • Genre : Littérature japonaise, Contemporain

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L’histoire (4ème de couverture)


 » Écouter la voix des haricots  »  : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

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Mon avis sur Les délices de Tokyo


Quel joli roman plein de douceur et de poésie !

Sentaro, homme maussade, gère Doraharu, une échoppe qui propose des bouchées sucrées typiquement japonaises. Il effectue ce travail sans véritable plaisir, juste pour rembourser ses dettes. Ses dorayakis (pancakes fourrés d’une pâte de haricots rouges appelée an), ont un goût industriel et la clientèle se fait rare. Un jour, Tokue Yoshii, une septuagénaire aux doigts étrangement tordus, demande à se faire embaucher. D’abord réticent, Sentaro finit par accepter après avoir goûté sa délicieuse pâte de an. Mais pas question que les clients la voient ! Patiemment, Yokue transmet son savoir culinaire à Sentaro et un lien d’amitié se crée entre eux…

J’ai beaucoup aimé voir cette relation se nouer peu à peu et voir également l’évolution de Sentaro et son intérêt grandissant pour la fabrication des dorayakis. Yokue, elle, est un personnage assez étrange mais attachant. Sous ses airs effacés, elle est tout de même bien décidée et parvient à faire passer ses messages tout en douceur.

Jusque là les romans de littérature japonaise que j’avais lus ne m’avaient pas plu car trop contemplatifs. Je trouve que ce n’est pas le cas avec l’écriture de Durian Sukegawa. Certes on retrouve une certaine éloge de la lenteur et cette ambiance particulière typiquement japonaise, mais le récit reste rythmé, notamment grâce aux dialogues. Je ne me suis pas ennuyée à un seul instant. Au contraire, les pages défilaient vite et j’ai terminé ce roman en un week-end.

Durian Sukegawa parvient à nous plonger dans le décor de cette petite rue aux échoppes à moitié fermées. On visualise bien le grand cerisier qui fait face à la boutique Doraharu devant lesquelles s’entassent des tables et des chaises. Ce cerisier, arbre symbolique du Japon, vient donner une certaine temporalité à l’histoire en changeant au rythme des saisons.

Avec Madame Yoshii, on prend le temps s’arrêter sur chaque petite choses, de regarder chaque détail, d’écouter le moindre bruissement des haricots rouges.

« Il s’agit de bien observer la mine des haricots azuki. De s’ouvrir à ce qu’ils ont à nous dire. C’est, par exemple, imaginer les jours de pluie et de beau temps qu’ils ont connus. Écouter l’histoire de leur voyage, des vents qui les ont portés jusqu’à nous. »

Progressivement ce personnage dévoile son histoire et la philosophie de vie qu’elle en a tiré. Une belle leçon de résilience.

« Voila peut-etre pourquoi j’ai essayé d’être « à l’écoute ». Je crois que l’homme est un être vivant doué de cette force. Et de temps en temps, j’ai « entendu » . Les oiseaux qui viennent au Tenshôen, les insectes, les arbres, les plantes, les fleurs. Le vent, la pluie et la lumière. La lune. Tous possèdent leurs propres mots, j’en suis convaincue. Les écouter suffit à nous combler. Être dans la forêt du Tenshôen est suffisant, car le monde s’y trouve. La nuit, il suffit de tendre l’oreille au murmure des étoiles pour sentir le cours de l’éternité. »

Bref, j’ai trouvé ce livre magnifique et je vous le conseille !

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Informations complémentaires


Bibliographie de Durian Sukegawa

  • Les délices de Tokyo
  • Le rêve de Ryôsuke
  • L’enfant et l’oiseau

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Les délices de Tokyo adaptés au cinéma

Le roman Les délices de Tokyo a été adapté au cinéma en 2015 par Naomi Kawase.

Les rôles principaux sont tenus par Kirin Kiki (Tokue ), Masatoshi Nagase (Sentaro) et Kyara Uchida (Wakana)

Ce film a été sélectionné au Festival de Cannes 2015 et il a reç le prix Jean Lescure des Cinémas Art et Essai au Festival international du film de La Rochelle .

Je n’ai malheureusement pas encore eu l’occasion de voir ce film mais la vidéo de la bande annonce m’a vraiment donné envie de le voir. J’ai eu l’impression que l’atmosphère du livre était bien restituée.

Et vous, avez-vous vu cette adaptation ? Qu’en avez vous pensé ? L’avez-vous trouvé fidèle au roman ? Faites moi part de vos impressions en commentaire !

3 commentaires

    • Je pense que ce livre pourrait effectivement beaucoup te plaire !
      Par contre, j’ai été moins enthousiaste sur les doroyakis (qui sont en fait des pancakes fourrés à la pâte de haricot). Je pense qu’il faudrait que j’en goûte dans une vraie pâtisserie japonaise !

      J'aime

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