Les catilinaires d’Amélie Nothomb

Les catilinaires sont les discours prononcés par Cicéron visant à mettre fin au coup d’état contre la République fomenté par le sénateur Catilina en 63 avant JC. L’éloquence dont fit preuve Cicéron, juriste et homme politique romain, dans cette série de 4 discours fut telle qu’il devint un modèle de rhétorique.

Quel lien avec le roman d’Amélie Nothomb me demanderez-vous ? C’est une bonne question que je me suis posée également jusqu’à ce que je découvre que la première catilinaire commence par « Jusqu’à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? » Et c’est bien là le nœud de l’histoire que nous raconte l’autrice dans ce roman intitulé Les catilinaires.

Les catilinaires d'Amelie Nothomb
  • Titre : Les catilinaires
  • Auteure : Amélie Nothomb
  • Editeur : Le livre de poche
  • Pages : 160 pages
  • Date de parution : 1996
  • Genre : Littérature belge, roman contemporain

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L’histoire


La solitude à deux, tel était le rêve d’Emile et de Juliette. Une maison au fond des bois pour y finir leurs jours, l’un près de l’autre. Etrangement, cette parfaite thébaïde comportait un voisin. Un nommé Palamède Bernardin, qui d’abord est venu se présenter, puis a pris l’habitude de s’incruster chez eux chaque après-midi, de quatre à six heures. Sans dire un mot, ou presque. Et cette présence absurde va peu à peu devenir plus dérangeante pour le couple que toutes les foules du monde…

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Mon avis sur Les catilinaires d’Amélie Nothomb


Je dois dire que ce roman est assez étrange et que j’ai du mal à émettre un avis dessus tant il m’a déroutée.

Le début de l’histoire est original et même amusant. Un couple de retraité, Emile et Juliette, tombe amoureux du cadre paisible et verdoyant d’une chalet en forêt et s’installe, pensant y couler des jours heureux. Mais leur voisin, l’étrange Palamède Bernardin , prend l’habitude de s’inviter chez eux tous les jours de 16 heures à 18 heures. Incapable d’accepter le moindre refus, l’indélicat voisin peut rentrer dans des accès de colère si le couple refuse de lui ouvrir. D’abord amusés puis agacés et atterrés, Émile et Juliette ne savent plus comment se débarrasser de l’inopportun.

Très vite le roman prend une tournure étrange, les personnages de Bernardin et de son épouse étant poussés à l’extrême. En effet, Bernadette Bernardin est présentée comme :

«  Un kyste, cette chose était un kyste. […] Bernadette ne possédait pas de nez ; de vagues trous lui tenaient lieu de narine. De minces fentes situées plus haut comprenaient des globes oculaires : peut-être des yeux dont rien ne permettait d’affirmer qu’ils voyaient. Ce qui m’intriguait le plus était sa bouche : on eut dit celle d’une pieuvre. Je me demandais si cet orifice avait la faculté de produire des sons. »

A partir de là, je n’ai plus vraiment apprécié le récit, ne comprenant absolument plus les comportements et réactions des différents protagonistes. Amélie Nothomb pousse la caricature, certainement à dessein, mais cela a perturbé ma lecture.

C’est dommage car, il y avait dans ce court roman des pistes de réflexion sur de grands thèmes comme les notions d’ennui ou de plaisir. Ainsi Bernadette Bernardin qui n’a pas de véritable vie semble pourtant prendre un plaisir infini dans des choses simples comme dormir ou manger. Au contraire Palaméde ne semble trouver de satisfaction à quoi que ce soit et résume son quotidien à une longue attente…

Malgré une ambiance de plus en plus pesante au fil des pages, j’avais envie de connaître la fin. Malheureusement, j’ai été déçue par le dénouement proposé par Amélie Nothomb. Bref, c’est pour l’instant le livre que j’ai le moins apprécié de cette autrice !

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Informations complémentaires


Bibliographie d’Amelie Nothomb

Hygiène de l’assassin (1992) – Le Sabotage amoureux (1993, Prix Jacques Chardonne) – Les Combustibles (1994) – Les Catilinaires (1995) – Peplum (1996) – Attentat (1997) – Mercure (1998) – Stupeur et tremblements (1999, Grand prix du roman de l’Académie française) – Métaphysique des tubes (2000) – Cosmétique de l’ennemi (2001) – Robert des noms propres (2002) – Antechrista (2003) – Biographie de la faim (2004) – Acide sulfurique (2005) – Journal d’Hirondelle (2006) – Ni d’Eve ni d’Adam (2007, Prix de Flore) – Le fait du Prince (2008) – Le voyage d’hiver (2009) – Une forme de vie (2010) – Tuer le père (2011) – Barbe bleue (2012) – La nostalgie heureuse (2013) – Pétronille (2014) – Le crime du comte Neville (2015) – Riquet à la houppe (2016) – Frappe-toi le coeur (2017) – Les prénoms épicènes (2018)

4 commentaires

  1. Je me rappelle assez bien de ce livre et je suis d’accord avec le dénouement. On avait l’impression qu’Amélie Nothomb se débarrassait de son histoire avec ce livre alors qu’on aimerait que le roman soit plus creusé pour comprendre les personnages.

    Aimé par 1 personne

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