Ils étaient dix, l’adaptation télé du roman d’Agatha Christie

Ces trois dernières semaines, M6 a diffusé chaque mardi deux épisodes de sa mini série Ils étaient dix, adaptation libre et contemporaine du roman éponyme d’Agatha Christie publié en 1939 (anciennement intitulé Dix petits nègres).

Cette série composée de six épisodes a été développée par les scénaristes Bruno Dega et Jeanne Le Guillou et réalisée par Pascal Laugier, spécialiste des films d’horreur.

La mini-série dispose d’un très beau casting avec entre-autre Samuel Le Bihan, Guillaume de Tonquédec, Romane Bohringer, Patrick Mille ou encore Virginie Ledoyen.

La série vs le roman


Commençons par le point principal : les personnages. Et bien, ceux-ci ont été totalement modifiés par rapport au roman.

La mini série veut jouer sur la parité avec 5 hommes et 5 femmes là où Agatha Christie avait écrit une histoire comprenant 7 hommes et seulement 3 femmes. Soit ! Cela ne change pas forcément beaucoup l’intrigue

Par contre, leur psychologie et leurs histoires respectives sont totalement différentes du livre. Certes, la série de meurtre débute avec la cuisinière mais le crime commis par celle-ci est bien plus atroce dans la série que dans le roman.

Nina Goldberg (interprétée par Mathilda Lutz) a des points de similitude avec Vera Claythorne. Mais, pour les autres, j’ai du mal à déterminer les personnages du livre auxquels ils correspondent. Si le personnage campé par Samuel Le Bihan pourrait se rapprocher du baroudeur Philip Lombard, là aussi le crime qui lui est imputé est très différent du roman. Concernant le/la meurtrier/ère, je trouve son explication plus confuse dans la série que dans le livre où la confession finale correspond bien à la psychologie du personnage.

Concernant le décor, là aussi beaucoup de changement. Très loin de l’ambiance anglaise de la petite île du Devon, la série a été tournée en Guadeloupe. Pascal Laugier a imaginé comme cadre à l’histoire une île à la végétation luxuriante où règne une atmosphère vaudou. Le réalisateur cherche à installer immédiatement par le biais du décor une atmosphère de peur alors qu’Agatha Christie, au contraire, voulait que les lieux soient cosy.

« Si la maison avait été une vieille demeure aux parquets qui craquent, aux ombres menaçantes et aux épais murs lambrissés, elle aurait pu avoir quelque chose d’inquiétant. Mais cette maison là était l’essence même de la modernité. Pas de recoins sombres… pas d’éventuelles portes dérobées… La lumière électrique inondait tout – tout était neuf, net et brillant. Rien de caché, rien de secret. Un lieu dépourvu de mystère. Et paradoxalement, c’était ça le plus effrayant… »

Malgré le côté plus sanglant de la série, je trouve qu’Agatha Christie parvenait mieux à créer une tension et une atmosphère prenante. Dans la série les personnages crient et s’agitent beaucoup sans que cela soit toujours cohérent. D’autre part, je trouve que le fait de revenir à « la vie normale » avec la partie parallèle concernant le policier coupe le rythme et l’intensité dramatique de ce qui se passe sur l’île.

Bref, j’ai regardé les six épisodes de cette mini série, curieuse de découvrir l’identité du coupable (bien plus facile à trouver ici que dans le roman) mais je préfère, de loin, l’original à l’adaptation !

2 commentaires

  1. Je verrai si j’ai l’occasion de la voir mais ta chronique me conforte un peu dans mon idée. J’avais bien peur que cette adaptation ne soit pas à la hauteur du roman d’Agatha Christie.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s