Histoires bizarroïdes d’Olga Tokarczuk

Vous souvenez-vous, dans mes résolutions littéraires pour 2021, j’avais émis le souhait de découvrir chaque mois un auteur ou une autrice ayant reçu un prix Nobel. Ce recueil de nouvelles d’Olga Tokarczuk, écrivaine polonaise ayant reçu le prix Nobel en 2018, n’était pas prévu dans ma PAL d’origine mais il m’a été proposé par mon comité lecture . Voilà qui faisait d’une pierre deux coups !

Histoires bizarroïdes - feuilleter Nouvelle(s) Littérature étrangère Date de parution : 01/10/2020 Format : 15 x 23 cm, 192 p., 19,00 EUR € ISBN 978-2-88250-657-3 liens Chronique des Livres de Jakób par Page des Libraires http://bit.ly/TokarczukPAGE Histoires bizarroïdes d'Olga Tokarczuk
  • Titre : Histoires bizarroïdes
  • Auteur : Olga Tokarczuk
  • Editeur : Les éditions Noir sur blanc
  • 1ere parution : 2020
  • Pages : 192
  • Genre : Littérature polonaises, Contemporain, Nouvelles

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4ème de couverture


Inquiétantes, pleines de finesse et de fantaisie, ces Histoires bizarroïdes sont idéales pour découvrir Olga Tokarczuk, prix Nobel de littérature. Entre les contes d’Andersen, Edgar Poe et les épisodes les plus intelligents de la série Black Mirror ― une réussite absolue. Olga Tokarczuk nous offre un recueil de nouvelles qui vient confirmer l’étendue de son talent : qu’elle se penche sur les époques passées ou qu’elle s’amuse à imaginer celles du futur, elle a le souci d’éclairer le temps présent et ne se défile devant aucune des questions qui se posent aujourd’hui à nous. Le désir d’immortalité, le délire religieux, mais aussi le transhumanisme, le rapport à la nature, la fragilité de la civilisation : sans surenchère, sans complaisance dans la noirceur, Olga Tokarczuk nous fait mesurer les espaces infinis de ce qui échappe à notre perception. Pour cette écrivaine qui excelle à découvrir des connexions et des correspondances, le salut réside à n’en pas douter dans les puissances de l’imaginaire et dans l’acceptation de toutes les formes d’étrangeté.

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Mon avis sur « Histoires bizarroïdes »


Pour moi qui apprécie le genre novellistique, ces histoires bizarroïdes d’Olga Tokaczuk ont constitué un excellent moment de lecture ! Qu’elles aient pour cadre le monde réel à peine teinté de bizarrerie ou qu’elles nous emmènent dans un monde totalement curieux et futuriste, ces nouvelles déconcertent, transportent, bousculent, questionnent.

Si le fil conducteur du recueil est l’étrange, ces nouvelles sont pourtant fort différentes les unes des autres. D’abord sur la forme : les premières nouvelles font à peine quelques pages alors que les dernières sont plus étoffées. Ensuite le cadre spatio-temporel évolue à chaque fois : certaines nouvelles se situent dans notre monde actuel alors que d’autres ont lieu au 17ème siècle ou d’autres encore dans un futur qu’on ne saurait dater. Les thèmes de réflexion sont aussi très variés : les visions, le clonage, la nature, la métamorphose, la réincarnation, la quête spirituelle…

Petit résumé de chaque nouvelle :

  • Le passager : cette courte nouvelle a pour cadre un voyage en avion pendant lequel un passager expose à sa voisine l’explication mystérieuse d’un de ses cauchemars d’enfance. Un côté fantastique et original que j’ai apprécié.
  • Les enfants verts : une nouvelle d’une vingtaine de pages qui se déroule au 17ème siècle en Pologne. En voyage auprès du roi de Pologne, un médecin français découvre l’existence de deux enfants verts dotés d’étranges pouvoirs et qui disent venir d’un monde lunaire, un monde intimement lié à la nature et qui semble utopique.
  • Les bocaux : un fils ingrat et fainéant profite des conserves laissées par sa défunte mère… Je suis un peu passée à côté de cette nouvelle à l’atmosphère et au dénouement très étrange.
  • Les coutures : Monsieur B, qui vient de perdre sa femme, note avec stupeur des changements dans les objets du quotidien : ses chaussettes ont une couture au milieu, les timbres sont désormais ronds… Mais lui seul semble remarquer ces changements. Le concept de cette nouvelle m’a un peu fait penser à celui de La moustache d’Emmanuel Carrère.
  • La visite : cette nouvelle d’une douzaine de pages déploie un monde où les humains créent des clones afin que afin que chacune de ces versions d’eux-mêmes exécute une tâche spécifique. L’autrice nous fait vivre la journée d’un égoton de 4 membres qui vivent en parfaite harmonie mais est troublé par la visite de leurs nouveaux voisins, deux égotons mâles… J’ai trouvé intéressant le monde futuriste qu’a créé l’autrice mais j’ai trouvé frustrant que celui-ci ne soit pas plus développé. Il y avait là matière a écrire tout un roman !
  • Une histoire vraie : dans ce récit d’une dizaine de pages un éminent professeur en séminaire à l’étranger va voir sa vie tourner au cauchemar juste pour avoir voulu secourir une femme tombée dans le métro. J’ai apprécié la construction de cette nouvelle qui partant d’un fait banal voit s’enchaîner les péripéties et la situation prendre une tournure de plus en plus dramatique.
  • Le cœur : suite à une transplantation cardiaque, Mr M. ressent le besoin impérieux et inexpliqué de se rendre dans un minuscule et ancien temple bouddhiste en Chine. J’ai eu un peu de mal à suivre cet étrange voyage initiatique.
  • Le transfugium : nouvelle de 20 pages dans laquelle la transfiguration permet la métamorphose d’humains en animaux. Une femme se rend dans un complexe de transfugium pour assister au départ de sa soeur…
  • La montagne de tous les Saints : une des plus longues nouvelles de ce recueil. Une scientifique qui a mis au point un test de tendances évolutives se rend dans un chalet en Suisse pour effectuer une étude sur un petit groupe d’adolescents. Dans le couvent à côté de l’Institut elle fait la connaissance d’une congrégation religieuse de nonnes qui conserve les reliques d’un saint.
  • Le calendrier des fêtes humaines. Il s’agit de la nouvelles la plus longue de ce recueil. Dans un monde ou une bactérie a supprimé toute matière plastique et où la rouille du métal envahi tout, nous faisons la connaissance d’Ilon. Celui-ci fait partie de l’équipe de masseur de Monodikos, un « être » qui doit sans cesse mourir et ressusciter pour pour assurer la survie du monde.

Il est difficile de vous détailler toutes ces nouvelles ici donc si vous êtes curieux de découvrir l’univers étrange et onirique de cette écrivaine, je ne peux que vous conseiller de lire ce recueil de nouvelles !

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