Dans la forêt de Jean Hegland

Waouh ! Quel livre ! J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman et je dois dire que je suis moi aussi conquise par l’écriture de Jean Hegland. J’avais tellement de mal à me détacher de cette histoire captivante que j’aurais presque pu finir ce livre en une nuit (mais cela n’aurait pas été raisonnable) !

Dans la forêt de Jean Hegland
  • Titre : Dans la forêt (Into the forest)
  • Auteure : Jean Hegland
  • Editeur : Gallmeister
  • Pages : 304
  • Date de parution : 1996
  • Genre : Littérature américaine, Contemporain

.

L’histoire (4ème de couverture)


Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

.

Mon avis sur Dans la forêt de Jean Hegland


Si l’idée de base de ce roman pourrait donner lieu à un véritable scénario de science fiction avec la chute de la société telle que nous la connaissons et l’établissement d’un monde post apocalyptique, telle n’est pas la voie qu’a empruntée Jean Hegland. Mais son roman est à la fois un récit initiatique, un roman de nature writing et une fiction qui fait réfléchir sur notre mode de vie et de consommation.

Le livre s’ouvre sur un jour de Noël pour Nell, 17 ans, et sa sœur Eva, 18 ans. Pourtant, point de sapin, de guirlande ou de repas de fête : depuis plusieurs mois, elles vivent seules, recluses dans leur chalet isolé au cœur de la forêt alors que dehors, la civilisation s’est effondrée. Plus de téléphone, plus d’ordinateur, plus d’électricité, plus de radiateur, plus de voiture et bientôt plus de provision…

L’ambiance de ce début de livre est pourtant douce et mélancolique. Nell, jeune fille posée et intelligente, qui s’apprêtait à entrer à Harvard, se remémore sa vie : son enfance heureuse à jouer dans la forêt avec sa sœur, son adolescence studieuse et solitaire, le décès de sa mère, la disparition progressive et inexpliquée des sources d’énergie modernes. D’abord protégées par leur père qui assure la survie, les deux sœurs ne prennent pas vraiment la mesure de la situation. Nell s’enferme dans ses livres et Eva dans la danse. Mais après la disparition de leur père, elles vont devoir apprendre à se débrouiller seules. Le récit s’obscurcit au fur et à mesure des pages. Le danger est omni présent, la forêt n’est pas sure et les provisions s’amenuisent. Or, les jeunes femmes ne peuvent compter que sur elles-mêmes.

Ce roman nous pousse à réfléchir à notre mode de vie et de consommation. Les personnages vivent ici un véritable basculement : de la société de consommation telle qu’on la connaît. Elles vont en arriver à la plus stricte utilisation des ressources essentielles que fournit la nature. On se rend compte à quel point, en quelques décennies, nous sommes devenus dépendants de nos biens matériels et à quel point nous nous sommes éloignés de la nature et des connaissances de bases qui ont pourtant assuré la survie de l’humanité pendant des milliers d’années.

Ce roman est une véritable ode à la nature. Nell va totalement redécouvrir son environnement. La forêt qu’elle a tour à tour adoré comme terrain de jeu étant enfant, ignoré pendant son adolescence, craint au décès de son père, va devenir peu à peu son véritable lieu de vie. Au travers de ce personnage, on prend conscience de toutes les richesses que la terre a à nous offrir.

Bien que les histoires soient différentes, j’ai retrouvé dans ce livre le côté presque mystique de la nature que j’avais noté dans De pierre et d’os de Bérengère Cournut. Tout comme pour la jeune Inuit Uqsuralik, la vie de Nell va être rythmée par la nature, en harmonie avec les éléments. Chaque ressource est précieuse et chaque vie, humaine comme animale doit être respectée.

Et puis, j’ai aussi ressenti des similitudes avec L’appel de la forêt de Jack London avec un retour aux origines primaires de l’être et, là aussi un certain mysticisme lié aux éléments et à la nature.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai été conquise par ce roman que je ne saurais que trop vous conseiller !

6 commentaires

  1. Livre qui nous fait réfléchir. Avant les années 1800, l’homme ne disposait que de sa force de travail additionnée de celle de quelques animaux. Actuellement, chaque être humain dispose en moyenne de 200 « esclaves mécaniques » pour l’aider à vivre (source : J.M. Jancovici). On comprend, dans ces conditions que l’homme se soit éloigné de la nature et on imagine la catastrophe si cette force de travail venait à disparaître !

    Aimé par 1 personne

    • Tout à fait, il y a tellement de gestes, de connaissances, de savoir-faire que l’on a confiés à la technologie et oubliés que l’on se retrouverait totalement démuni si celle-ci était, pour je ne sais quelle raison, amenée à disparaître !

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s