Samedi c’est poésie : Lorsque ma sœur et moi de Théodore de Banville

Bonjour tout le monde

Aujourd’hui, j’ai choisi un poème au doux parfum d’enfance de Théodore de Banville, intitulé Lorsque ma soeur et moi. Théodore de Banville est un poète, dramaturge et critique dramatique français né en 1823 et mort en 1891, chef de file de l’école Parnassienne, s’attachant à la pureté formelle de la poésie.

Image par Free-Photos de Pixabay

Lorsque ma sœur et moi


Lorsque ma sœur et moi, dans les forêts profondes,
Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,
En nous baisant au front tu nous appelais fous,
Après avoir maudit nos courses vagabondes.

Puis, comme un vent d’été confond les fraîches ondes
De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,
Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,
Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

Et pendant bien longtemps nous restions là blottis,
Heureux, et tu disais parfois : Ô chers petits,
Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !

Les jours se sont enfuis, d’un vol mystérieux,
Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille
Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

Théodore de Banville

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