Frida Kalho, non à la fatalité d’Elsa Solal

Encore un livre consacré à Frida Kalho. Cette fois-ci c’est un roman jeunesse de la collection « Ceux qui ont dit non » des éditions Actes Sud Junior. L’autrice y présente une Frida Kalho qui a dit non à la fatalité en réalisant son destin et en devenant une artiste internationale malgré le handicap, la maladie et les souffrances physiques qu’elles a endurées toute sa vie suite à un grave accident de bus.

Frida Kalho non à la fatalité d'Elsa Solal
  • Titre : Frida Kalho non à la fatalité
  • Auteure : Elsa Solal
  • Editeur : Actes sud junior
  • Parution : 2020
  • Pages : 96
  • Genre : Littérature jeunesse, Biographie
  • Age de lecture : à partir de 12 ans

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La collection « ceux qui ont dit non »


« Très tôt une décision intérieure s’est forgée, elle ne se laissera pas rompre par l’adversité. Nulle fatalité ne viendra à bout de sa détermination à vivre comme les autres malgré sa situation, maladie, handicap, polio. Mais cela exige une sorte de discipline inflexible, de force hors du commun. Les regrets, la rancœur, elle les chasse vite comme les moustiques à coups de journal ou de savate. Funambule au-dessus du vide, elle ne peut se permettre trop d’écarts d’âme. »

Depuis toujours, il y a dans le monde des hommes et des femmes qui ont su dire non. Ces figures fortes, engagées dans des combats au service des valeurs de la démocratie et de l’humanisme, ont un point commun : elles ont eu le courage de se révolter, faisant ainsi triompher la liberté, la justice ou simplement un pan d’humanité. Les livres de cette collection s’attachent à raconter ces personnages sous forme totalement romanesque. Le roman est suivi d’un petit dossier qui montre que d’autres ont aussi dit non. Et qu’il y a encore aujourd’hui bien des raisons de s’engager dans le même combat. Rappeler que les problématiques d’aujourd’hui ne sont pas sans passé et, à l’inverse, que les combats d’autrefois résonnent toujours aujourd’hui permet de comprendre que nous nous inscrivons dans une évolution et que nous avons donc voix au chapitre. Le choix du roman, plutôt que du documentaire, a pour but de permettre aux lecteurs de se projeter dans les personnages et d’accompagner l’esprit de révolte et d’indignation propre à leur âge. Les auteurs sont tous des passionnés de leur personnage et nous font revivre leur engagement de l’intérieur.

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Mon avis sur « Frida Kalho – non à la fatalité »


Dans ce roman jeunesse destinée aux 12 ans et plus, Elsa Solal retrace les grandes étapes de la vie de Frida Kalho sous forme romancée, ce qui amène à une plus grande proximité avec le personnage. Elle s’attache aussi beaucoup aux liens avec sa famille et ses amis qui l’ont aidée et soutenue (ou pas) dans les épreuves qu’elle a traversées.

Le roman s’ouvre sur la petite Frida, enfant clouée sur un lit d’hopital à cause de la poliomyélite qui va empêcher son pied et sa jambe de se développer. Elle va devoir essuyer les quolibets de certains enfants de l’école « Frida jambe de bois, Frida la boiteuse ». Pour surmonter cela elle s’échappe dans ses rêves, pratique le sport et trouve du réconfort auprès de son père, un photographe renommé.

Deuxième étape à l’adolescence. Alors qu’elle se rend dans sa prestigieuse école de La preparatoria à Mexico, la jeune et pétillante Frida connaît un nouveau drame. Son bus est percuté par un tramway et Frida est transpercée de part en part par la rampe du tramway. Après avoir frôlé la mort, son quotidien sera désormais jalonné d’opérations chirurgicales et son corps enfermé dans un corset de métal. Soutenue par sa famille, en particulier sa sœur Matita, elle occupe ses journées alitée à peindre. Malgré la douleur, le mental est toujours là.

Très tôt une décision intérieure s’est forgée, elle ne se laissera pas rompre par l’adversité. Nulle fatalité ne viendra à bout de sa détermination à vivre comme les autres malgré sa situation, maladie, handicap, polio. Mais cela exige une sorte de discipline inflexible, de force hors du commun. Les regrets, les rancœurs, elle les chasse vite comme les moustiques à coup de journal ou de savate. Funambule au-dessus du vide, elle ne peut se permettre trop d’écart d’âme.

Troisième étape bien après : Frida a épousé le peinte Diego Rivera, de vingt ans son aîné, et ils sont partis vivre aux Etats unis ou Diego réalise des fresques murales. Mais elle est hospitalisée d’urgence à Détroit suite à une fausse couche. Encore un drame. Frida doit aussi surmonter le décès de sa mère et la liaison de Diego avec sa propre sœur.

Le corps en miettes, cassé, le cœur tailladé, elle quitte l’ogre comme on claque la porte pour trancher net :  » Il y a eu deux accident dans ma vie, celui du bus et ma rencontre avec toi. Le second est le plus terrible », dit-elle sans lui laisser le temps de placer un mot.

Dernière étape, la fin de vie de Frida, encore jeune mais dont le corps brisé est fatigué.

« Je suis morte mille fois, j’ai pu renaître autant, arbre de l’espérance, tiens toi droit. Écoutez le chant des pierres, la joie du vent, ne laissez pas les racines s’assoiffer. Semblables à des éclairs, les fleurs des chers visages murmurent. prenez soin du colibri, du cerf blessé, du renard boiteux, rien n’est immuable mais tout perdure. Liberté. je voudrais avoir la force pour Diego, pour vous, mais je suis ivre de fatigue. mon être non conforme, recousu, plâtré, amputé mais les racines de l’espoir sont trop profondes. Je vous l’offre. L’espoir. Un miracle !? »

A la fin de livre, l’autrice regroupe dans un petit dossier d’autres exemples de personnalités qui ont dit non à la fatalité (entre autres la nageuse Elodie Lorandi sacrée aux 400 mètres nage libre aux Jeux paralympiques de Londres en 2012, l’actrice Emmanuelle Laborit, le slameur Fabien Marsaud plus connu sous son nom de scène Grand Corps malade… et beaucoup d’autres encore). Cette partie est très intéressante et ces témoignages montrent comment chacune de ses personnes a réussi a surpasser la maladie, le handicap, la souffrance physique ou psychique.

En conclusion, je trouve que ce livre destiné aux ados à partir de 12 ans est bien pour une première approche de la vie de Frida Kalho. L’éclairage de sa vie sous l’angle du handicap et de la maladie est intéressante et relève totalement du concept de cette collection.

Toutefois, je trouve dommage d’avoir occulté la partie artistique de Frida Kalho. Il est certes mentionné qu’elle peint mais il me semble que c’est justement au travers de ses œuvres que l’artiste a transcendé sa douleur. Ces deux aspects sont liés et expliquent la personnalité de Frida Kalho. J’aurais donc aimé voir dans ce livre des reproductions ou au moins la mention de certains tableaux tels que Le lit volant de l’hôpital Henri Ford, Quelques petites piqûres, La colonne brisée.

Un livre intéressant, à compléter avec d’autres documentaires pour une vision complète de l’artiste.

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