Nos années sauvages de Karen Joy Fowler

Je ne connaissais pas du tout ce roman de Karen Joy Fowler avant que le club de lecture de Anything is possible le choisisse dans sa sélection du mois de Septembre. En lisant la 4ème de couverture, je m’attendais à une toute autre histoire que celle que j’ai découverte. Un roman original et déroutant.

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Titre : Nos années sauvages  (We are all completely beside ourselves) 

Auteur : Karen Joy Fowler

Éditeur : Éditions 10/18

Pages : 356

Année de parution : 2016

Genre : Contemporain, littérature américaine

 

L’histoire


1996, Davis, Etats Unis :  Rosemary est une jeune étudiante de 21 ans. Jeune femme renfermée, solitaire et peu bavarde, elle se souvient pourtant d’une époque ou elle était une petite fille, vive, pleine de joie et un véritable moulin à paroles. Mais la disparition de sa soeur Fern a totalement bouleversé sa vie et sa famille.

Un jour, à la fac, elle fait la connaissance de Harlow, une jeune apprentie comédienne au caractère détonnant qui l’entraîne dans ses sorties et ses frasques. De plus, la réapparition soudaine de son frère après 10 ans d’absence pousse Rosemary à une introspection pour se souvenir de son passé, l’accepter et avancer.

 

Mon avis


J’ai trouvé ce roman assez déroutant et original. Ce n’est pas l’histoire à laquelle je m’attendais, mais pour autant j’ai apprécié cette lecture.

Tout d’abord Nos années sauvages est déroutant par son style narratif. En effet, Rosemary, le personnage principal s’adresse directement à nous, lecteurs. Ce n’est que dans les dernières pages du roman que j’ai compris la raison de ce procédé.

En 1996, dix ans s’étaient écoulés depuis la dernière fois que j’avais vu mon frère, dix-sept depuis la disparition de ma sœur. Le milieu de mon histoire ne parle que de leur absence, pourtant, vous ne l’auriez sans doute jamais deviné si je ne vous l’avais pas dit.

Ce roman est également déroutant par sa temporalité. Dès la première page, la narratrice annonce son parti pris : en souvenir de ce que lui disaient ses parents face à son babillage intempestif d’enfant, elle commence l’histoire par le milieu.

Si tu as envie de dire deux choses, choisis en une, me suggéra un jour ma mère, espérant m’inculquer un minimum de savoir-vivre à l’aide de cette règle  qui passa bientôt à une sur trois. Tous les soirs quand mon père apparaissait sur le seuil de ma chambre pour me souhaiter de beaux rêves, je me lançais dans une tirade et ke parlait sans reprendre mon souffle, m’efforçant de le retenir par le seul pouvoir de ma voix. […] Commence au milieu, me proposait-il, la lumière du couloir éclairant sa silhouette à contre-jour et lui fatigué, à la manière des adultes en fin de journée. La lampe se reflétait sur la vitre comme une étoile invitant à faire un voeu.

Passe le début. Commence au milieu.

Mais très vite, Rosemary nous plonge dans ses souvenirs d’enfance, à l’époque ou elle menait une vie heureuse avec ses parents, son frère Lowell et sa soeur Fern. Malheureusement, la disparition de celle ci bouleverse totalement la famille : sa mère fait une dépression, son père se met à boire, son frère Lowell quitte la maison sans donner de nouvelles pendant 10 ans et s’engage dans l’ALF (front de libération des animaux).

On suit alors l’introspection de Rosemary, faisant sans cesse des bonds entre la jeune femme de 1996, la petite fille de 2-3 ans qui joue avec son frère et sa sœur, celle de 5 ans au moment de la disparition de Fern puis celle de 11 ans qui voit son frère quitter la maison.

J’étais très curieuse de découvrir les événements qui avaient entraîné la disparition de Fern. Ce n’est qu’à la page 100 que l’on en apprend un peu plus sur cette mystérieuse soeur. Et là, l’auteure nous réserve une énorme surprise. Je ne m’y attendais pas du tout. Je ne vous en dévoilerai pas la teneur afin de vous laisser le plaisir de la lecture.

La seconde partie du roman est plus axée sur des réflexions sur la psychologie, la philosophie, la science, les relations dans une fratrie, expérimentation animale, ce qui distingue l’homme de l’animal… J’ai un peu moins apprécié ces passages que j’ai trouvé fastidieux même s’ils sont intéressants.

La dernière partie m’a beaucoup émue. On découvre enfin les faits tels qu’ils se sont véritablement déroulés. On comprend ce à quoi la famille peu conventionnelle a du faire face et les réactions de chacun. Et le roman se termine sur une note positive et pleine d’espoir.

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6 réflexions sur “Nos années sauvages de Karen Joy Fowler

    • Dans la mesure ou l’on ne s’attend pas du tout à cette histoire, je comprends que ça peut-être dérangeant. Pour ma part, j’ai dévoré les premières pages jusqu’au moment ou l’auteure nous révèle la vérité sur Fern. J’ai eu un peu plus de mal avec la seconde partie mais au final j’ai quand même apprécié cette lecture.

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